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My blog so chou

Lis, vis, aime

Invités indésirables...

comment-soigner-le-burn-out

C'était au mois de mai,  le retour des beaux jours, la nature se réveillait de son long sommeil...Lui perdait le sien...

Ca a commencé par des nuits de sept heures mais entrecoupées, puis ce n'était plus que des nuits de  six heures avec une grande difficulté à s'endormir, puis cinq heures accompagnées de réveil en sursaut au milieu de la nuit avec des bouffées d'angoisse et de sueur froide,  jusqu'à passer une nuit entièrement blanche où il se retournait maintes et maintes fois dans le lit sans parvenir à fermer l'oeil...

Et cela a duré deux semaines

Les choses n'allant pas en s'améliorant, une visite chez le médecin s'imposait. Le verdict est tombé: c'est un burn out...épuisement professionnel.

Le nouveau mal de notre siècle.

Derrière ces deux mots, une grande souffrance psychologique, physique...Une détresse au quotidien, insurmontable, insidieuse, sournoise. Un sentiment d'impuissance de la part des proches qui se sentent démunis et n'ont aucune réponse à donner à ce cri d'alarme...

Le diagnostic nous a effrayés et rassurés en même temps. Effrayés car le fait de prendre des médicaments - qu'il abhorrait à prendre - ne garantissait pas une guérison rapide - ou pas d'ailleurs, nous n'en avons aucune idée. Rassurés parce que nous avons pu mettre un nom sur cet état de léthargie permanente dans laquelle il était plongé depuis un certain temps: envie de rien, lassitude pour tout...

On dit qu'il s'agit d'un mal d'origine professionnelle mais le facteur aggravant a été un problème personnel; un problème qui a amplifié tous les autres qui lui pourrissaient la vie depuis un petit moment déjà.

Il a eu un arrêt maladie de un mois, lui qui a du mal à prendre des jours de congé, ça lui a fait tout drôle de se retrouver avec autant d'heures libres à occuper.

Est-ce le fait de vouloir à tout prix guérir ou la peur - encore elle! - de s'enliser dans cet état de "zombie" en  permanence? Toujours est-il que pendant ce mois, il a eu un sursaut de penser un peu plus à lui - pour la plus grande joie des commerçants aux alentours parce que des shopping il en faisait et pas qu'un peu! Il a entrepris tous les travaux en souffrance à la maison depuis des années. Paradoxalement, je ne l'ai jamais vu aussi ouvert, aussi joyeux qu'à ce moment-là malgré  de profonds moments de tristesse...

Deux jours à peine après la reprise, un autre ennui de santé est venu balayer tous les efforts qu'il a entrepris pour en sortir. Et là, ce n'était plus le burn out mais la dépression qui le guettait. Lui qui d'habitude apportait toujours un soin particulier au choix de sa tenue, ne mettait plus qu'un vieux jean, un tee-shirt blanc et des baskets...Il n'acceptait pas son état et son apparence physique et s'est refermé sur lui-même. Il essayait vainement d'être enjoué mais cela lui coûtait énormément et le replongeait aussitôt après, soit dans le mutisme, soit dans l'agressivité.

Il prenait ma sollicitude comme une pression qu'il ne pouvait supporter. Plus d'une fois il m'a poussée à bout en me repoussant parce qu'il était profondément mal. Il me disait des mots très durs, juste pour me blesser, pour me faire fuir. Je souffrais de le voir à ce point souffrir mais malgré tout mon amour et ma patience, j'étais à bout moi aussi. Un mot de trop de sa part et j'ai préféré me taire pour ne pas lui envoyer à la figure des mots qui dépassaient ma pensée, un silence qui a duré dix jours...

C'est la première fois depuis quatre ans que je me tais aussi longtemps. J'avais besoin de souffler, et je voulais qu'il ait le temps de repenser à la portée de ses mots...

Une coupure salutaire! Je n'ai pas retrouvé le même homme! Certes, il était toujours aussi taciturne, mais il accueillait positivement mes petites attentions. Il était enfin reconnaissant de mes marques d'affection et m'en témoignaient généreusement en retour...

Cinq mois se sont écoulés...Il a accepté tous les traitements proposés par le médecin - même le somnifère - et espère pouvoir reprendre le travail dans un mois.

Il a repris - très très timidement comme il le dit - le sport, il rit aux éclats, il aime me faire rire et me faire plaisir. Pour les mondanités, on repassera, chaque chose en son temps.

Ensemble, nous arriverons  à déloger ces invités indésirables qui squattent notre vie depuis cinq mois, peu importe le temps que ça prendra!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rachel


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Rachel 18/10/2014 18:52

Je vous avoue que tout n'a pas toujours été facile. Mais quand on tient suffisamment à quelqu'un, on trouve la force de le soutenir envers et contre tout jusqu'à ce qu'il retrouve le sourire!

Lily (Je suis superficielle) 17/10/2014 20:33

Je suis admirative de la force et de l'endurance que vous avez eu malgré les moments difficiles.
Bon courage pour la suite, je ne vus souhaite que du positif!

Rachel 16/10/2014 20:35

Oh oui, on n'est pas trop de deux pour venir à bout de ce problème! Bisous et bonne soirée à toi aussi

chouchie 16/10/2014 19:31

A deux on est plus fort et tu as bien expliqué le problème du burn out ...
Bisous et bonne soirée

Rachel 16/10/2014 17:24

Ton observation est très pertinente Paulette! Les maîtres mots: patience et courage. Bonne soirée et bisous

Petitgris 16/10/2014 16:47

Un mal qui s'insinue dans notre vie jusqu'à nous briser. C'est le mal du siècle et quand il frappe il faut s'armer de patience. Les résultats sont souvent concluants mais il faut du temps et ne pas vouloir brusquer les choses. Pour la personne qui accompagne, il lui faut savoir "encaisser" en se disant que les mots dépassent sa pensée et que n'est que le reflet de son mal être. Les soins sont importants mais c'est surtout le courage qui permet de s'en sortir ! Vous êtes en très bonne voie : bravo ! :) Bisous Rachel

Rachel 16/10/2014 15:33

Merci pour ton commentaire Béa! Justement, la durée de la guérison varie d'une personne à l'autre. Il ne nous reste plus qu'à espérer que ça ira mieux très vite! Bisous

bea (fleurlilas) 16/10/2014 15:23

Il faut du temps, une dépression c'est long et il faut de la volonté pour s'en sortir, mais il n'y a pas de raison,tout ira bien progressivement. Je souhaite que tout se passe bien et que vous retrouviez une certaine sérénité. Courage ! Bisous Rachel.